Les libraires s'inquiètent de la fermeture des salles de ventes régionales

Publié le 19/09/2012 par La Rédaction
Mots-clés : Livres Diffusion | Sodis | Union distribution | Volumen |
Le groupe Editis, d'une part, et les membres du GIE Livres diffusion (Gallimard à SODIS, Flammarion à Union distribution, La Martinière à Volumen), d'autre part, ont annoncé la  fermeture prochaine de tout ou partie de leurs salles de ventes implantées en région (Lyon pour le GIE, Bordeaux pour Interforum et Nantes pour les deux), pour des raisons apparemment liées à leur rentabilité.

Ces salles de vente assurent pour l'essentiel un service de proximité pour des librairies de petite taille peu ou pas visitées par les représentants de ces groupes d'édition. Elles jouent donc un rôle d'appui important au réseau des librairies indépendantes, particulièrement dans des territoires où l'offre de livres est peu répandue, les petites villes et les zones rurales. Elles constituent également un service de dépannage pour les libraires de plus grande taille et un relais de diffusion important pour des éditeurs régionaux.

Le SLF s'étonne de l'absence de concertation avec les libraires qui sont mis une nouvelle fois devant le fait accompli sans proposition concrète de substitution leur garantissant des délais, des coûts et une qualité de service au moins aussi satisfaisants. Cette concertation aurait pu permettre d'élaborer des solutions alternatives aptes à maintenir, outre des emplois locaux, un service de proximité qui, par définition, ne peut être assuré par des distributeurs installés en région parisienne, à des centaines de kilomètres de ces librairies. Là où les plates-formes d'Editis et du GIE vont fermer l'une et l'autre, des solutions de mutualisation à moindre coût n'étaient-elles pas envisageables ? Aggraver la situation économique de centaines de librairies, se désinvestir d'un réseau de proximité qui est, de surcroît, celui qui souffre le plus actuellement, est-ce une solution pour le marché du livre à moyen terme ?

La concurrence des ventes sur Internet impose aux libraires de pouvoir garantir à leurs clients une livraison en 48 heures maximum. N'oublions pas que les multinationales de l'Internet multiplient leurs plates-formes de distribution afin de rapprocher toujours davantage les produits de leurs clients. Le respect de cet engagement de livraison en 48 heures maximum repose principalement sur l'amélioration des services proposés par les distributeurs et les stratégies fixées par leurs actionnaires.

A cet égard, le SLF s'interroge sur les deux logiques contradictoires qui semblent à l'œuvre dans l'édition. Le groupe Hachette a en effet décidé de renforcer ses plates-formes régionales de Nantes et Lyon avec une promesse de livraison des réassorts en 48 heures. Quelles dispositions les autres grands groupes, qui font le choix de centraliser encore davantage leur distribution, prennent-ils pour tenir également cet objectif ?

Les libraires sont attachés à la mutualisation du transport assurée via la plate-forme Prisme. Cette mutualisation doit aller de pair avec une amélioration des délais de livraison. Le SLF appelle l'ensemble des acteurs concernés à engager sans délai une concertation qui permette de prendre en compte les enjeux économiques, commerciaux, sociaux mais également culturels et territoriaux de l'organisation régionale de la distribution du livre.

Contacts SLF :
Guillaume HUSSON. Tél. : 01 53 62 23 10
Hélène CLEMENTE. Tél. : 01 53 62 23 10

Voir
aussi : communiqués de l'association des libraires en Rhône-Alpes et de
l'association des libraires en Bourgogne