La Charte parisienne pour une logistique urbaine durable

Publié le 11/12/2013 par La Rédaction
Mots-clés : |

La Ville de Paris est à l'origine de la création d'une Charte visant à réguler le transport de marchandises et les livraisons dans Paris.


Cette charte  est-elle importante ?

Oui, parce qu'elle évoque le transport : à Paris, 32 millions de tonnes de marchandises circulent chaque année. Ce qui implique 1,5 millions de mouvements chaque semaine.  20 % des véhicules en circulation sont dédiés au transport de marchandises.

Oui, parce qu'elle implique tous les acteurs économiques du transport à Paris, donc les libraires : afin de mieux organiser et mieux réguler ces livraisons de marchandises, la Ville de Paris a choisi la voie de la concertation avec les acteurs professionnels du transport : les chargeurs, les transporteurs, les entreprises à travers leurs organisations représentatives (dont le SLF).

Oui, parce qu'elle concerne également le quotidien des habitants de Paris : forte de ses 2,2 millions d'habitants et de ses 1,8 millions d'emplois, Paris est au cœur des problématiques de logistique urbaine. D'un côté les habitants de la Capitale aspirent à l'amélioration de leur cadre de vie (réduire les nuisances liées à l'émission de CO2), de l'autre le dynamisme économique de la métropole dépend en grande partie de l'attractivité du territoire et de la compétitivité des commerces et des entreprises qui y sont implantés (optimiser et moderniser le transport et les livraisons de marchandises en limitant les nuisances).

 

Une première charte « bonnes pratiques » est mise en place en 2006


Une première Charte a conduit à la signature en 2006 d'une « charte de bonnes pratiques des transports et des livraisons de marchandises dans Paris » entre les 47 partenaires de la Ville de Paris (chargeurs, expéditeurs et destinataires, acteurs des modes ferroviaire et fluvial, transporteurs livreurs, institutionnels, chambres consulaires).

 

Une seconde charte « de projets » plus opérationnelle,  en faveur d'une logistique urbaine durable est signée par les 80 partenaires de la Ville,  en septembre 2013


Cette nouvelle charte vise à mettre en place des outils réglementaires, techniques ou organisationnels. Dans sa forme, elle se veut plus concrète, plus opérationnelle et plus incitative, en s'appuyant sur une implication accrue des signataires, qui s'engageront à porter ou soutenir des projets concourant à la mise en oeuvre d'une logistique durable. Les actions de la charte seront donc déclinées sous forme de projets. Ceux-ci seront formalisés par les acteurs concernés en « Fiches Projets », et seront suivis et concertés dans le cadre d'une instance opérationnelle de suivi des projets de la charte regroupant l'ensemble des partenaires.


Mise en oeuvre d'une démarche de concertation dynamique et collective


Un « comité opérationnel de suivi des projets de la charte » est instauré, il se réunit 3 à 4 fois par année, afin d'instaurer un dialogue permanent. Il permettra le suivi des projets menés par les partenaires, mais aussi leur information réciproque concernant les évolutions réglementaires ou urbaines ayant un impact sur l'organisation de la logistique.

Un comité de pilotage de la charte présidé par le Maire de Paris ou son représentant se réunit annuellement afin d'établir le bilan des activités des partenaires et orienter son action pour l'année à venir.


Les principes directeurs de la charte


 

Les grands axes d'actions opérationnelles 


Poursuite du développement des plateformes de logistique connectées aux réseaux régionaux

Une logistique métropolitaine durable passe par la massification, voire la mutualisation, du transport des marchandises vers des plateformes logistiques en zone dense, qui permettent ensuite des livraisons finales par véhicules propres ou à faibles émissions. Elle nécessite que les portes d'entrée des grands mouvements de flux internationaux ou nationaux vers la métropole soient connectées à des réseaux d'infrastructures dédiées au fret, notamment ferrées et fluviales. Elle nécessite également que restent présentes, en zone dense, des plateformes favorisant à la fois un acheminement massifié multimodal et une distribution finale conforme aux principes de respect de l'environnement et d'insertion urbaine.

Développement de l'usage des structures ferroviaires

Les projets de la charte seront orientés vers le développement de l'usage de la voie ferrée pour l'approvisionnement d'hôtels logistiques bien insérés dans le tissu urbain, affectés exclusivement à la desserte locale, et développant les livraisons finales par véhicules propres ou à faibles émissions, notamment électriques.

Développement de l'usage structures fluviales

Les projets de la charte s'orienteront vers la mise en place de nouvelles filières utilisant ce mode de transport, à ce jour trop cantonné aux matériaux de construction, notamment la distribution urbaine, le transport des déchets ou l'acheminement des voitures.

Proposer des alternatives à l'usage des structures routières

Horizon 2017 : lors de sa séance des 12 et 13 novembre 2012, le Conseil de Paris a par ailleurs émis le souhait que « 50 % des livraisons du dernier kilomètre soient effectués par des véhicules non-diesel à l'horizon de 5 ans et qu'un réseau conséquent de bornes de recharge soit déployé à Paris en complément des bornes existantes »

 

En facilitant la mise en œuvre des équipements de logistique urbaine pour la desserte des quartiers dite du dernier kilomètre.

En encourageant le développement des espaces logistiques urbains adaptés au traitement de la messagerie et des petits colis, qu'ils soient sur le domaine de la ville ou au sein d'espaces privés ou du patrimoine des bailleurs sociaux.

Il s'agit de plateformes de quelques centaines de m2, approvisionnées par camions, qui permettent une distribution aux clients au moyen de véhicules propres ou à faibles émissions adaptés à la circulation en centre-ville. Ce mode de fonctionnement permet de réduire la pollution en centre urbain et les émissions de CO2 ».

 

En développant l'implantation des bureaux de ville à l'échelle des quartiers, permettant de grouper et distribuer sur place des marchandises aux clients, ainsi que d'enlever des colis et plis apportées par l'expéditeur lui-même.

Et en diversifiant les aires de livraison, veiller à l'optimisation de leur répartition et au contrôle de leur usage.

 

Développer des pratiques innovantes de logistique durable

Au niveau de l'organisation logistique  telles que les livraisons en horaires décalés, notamment de nuit, permettant de minimiser les mouvements aux heures de pointe de la circulation et de réduire ainsi les temps de trajet, la consommation d'énergie et l'émission de polluants. Ces livraisons nécessitent cependant de garantir la tranquillité des riverains par l'utilisation de véhicules et moyens de manutention labellisés silencieux ainsi que par la formation des livreurs à des pratiques silencieuses.


Télécharger la Charte en faveur d'une logistique urbaine durable.