Dilicom
Publié le 14/09/2009 par La Rédaction
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Quel peut être le rôle de DILICOM dans le développement des produits numériques ?
Par Vincent Marty. Le 14/09/09
Du point de vue de Dilicom, on peut aborder la problématique des produits numériques de façon simple tout en évitant d'être simpliste. En effet, la tentation est forte de faire un parallèle entre le rôle que joue Dilicom depuis 20 ans dans le commerce du livre traditionnel et celui qu'il pourrait jouer dans la diffusion et la distribution des produits numériques.
Si l'on cède à cette tentation, et que l'on admet que pour les produits numériques, les deux missions principales de Dilicom seraient, tout comme pour le livre physique, le référencement et la transmission des messages EDI, on peut penser qu'il faudrait commencer par créer un référentiel pour ensuite offrir la possibilité d'émettre des flux de commandes de libraires vers des distributeurs, ainsi que les flux symétriques du distributeur vers le libraire. Dans le cas précis des messages « avis d'expédition », on verra naître une nouvelle terminologie de messages nécessairement adaptée à un produit non physique comme avis de mise à disposition, de téléchargement, etc.
Mais le contraire est également possible tant que l'activité reste limitée à quelques œuvres numériques. En effet, si s'appuyer sur une base de données comportant tous les éléments d'identification d'un produit est à l'évidence la façon la plus simple de procéder pour la plupart des utilisateurs, ce n'est pas une obligation absolue, car, pour peu que l'on soit en possession d'un identifiant, rien ne s'oppose à ce qu'il soit intégré dans une commande électronique normalisée. Il conviendra donc, dans un premier temps, de répondre à cette première interrogation, mais ce n'est sans doute pas le plus compliqué.
Il faudra ensuite se pencher sur des questions un peu plus stratégiques et pour lesquelles les solutions sont, à l'évidence, moins simples à formuler.
Tout d'abord en matière de référencement ; s'il est un fait certain, c'est que, rapidement, il sera impossible de se passer d'un référentiel en matière de produits numériques ; aujourd'hui personne n'envisagerait d'exercer le métier de libraire sans utiliser une base de donnée fiable et à jour. L'acronyme FEL désigne le Fichier Exhaustif du Livre géré par Dilicom.L'exhaustivité est donc la caractéristique essentielle de cette base, comme elle l'est pour d'autres, et comme elle devra l'être pour le référentiel des produits numériques quelle qu'en soit sa forme, ses acteurs et sa diffusion. C'est, à notre sens, la seule façon de donner aux catalogues des éditeurs de produits numériques la visibilité indispensable au développement de cette nouvelle activité. Cette condition est, sans doute, renforcée par une particularité propre au produit : le référencement devra concerner non seulement les fonds, mais aussi les outils de promotion, produits sophistiqués devant faire l'objet d'un soin tout particulier.
La multiplicité des bases de données aurait sans nul doute comme conséquence de brouiller la vue d'ensemble de la production éditoriale numérique surtout si chacune d'entre elles ne devait référencer qu'une partie des produits.
Pour ce qui concerne la transmission des commandes, cette nécessité de rationalisation aurait pour objet de rendre les échanges plus fluides. Pour le livre papier, il est reconnu aujourd'hui par tous que la concentration des flux vers un opérateur interprofessionnel est génératrice de gains de productivité. Alors, évidemment on rétorquera avec pertinence que la mutualisation est facilitée par la loi sur le prix unique, la distribution exclusive, et le dialogue entre les acteurs au sein des différentes instances qui leur permettent de se retrouver et qu'il n'en va pas de même dans le cas du numérique aujourd'hui. En effet, force est de constater que pour le moment tous les aspects de prix, de taxes, de conditions, etc. ne sont pas identiques et que, de plus, les différences constatées se ressentent particulièrement sur les caractéristiques propres aux modalités de distribution des produits concernés.
Très schématiquement on pourrait résumer la situation en trois questions formulées en langage EDI : quel est le « commandé à », quel est le « livré par » et quel est le « facturé par » ? Quelles que soient les réponses apportées à ces questions, il faut garder à l'esprit que face au très grand nombre de libraires intéressés par la diffusion de ces nouveaux supports, il faudra offrir une solution simple. Seules quelques grandes librairies seront capables d'orienter leurs commandes vers tel ou tel entrepôt numérique alors que la plupart, généralement équipées de progiciels de gestion difficilement paramétrables en interne, seront moins bien armées pour suivre l'évolution du marché. L'idée d'une sorte de « hub » qui permettrait d'orienter tous les flux vers une plateforme de traitement des messages pourrait avoir du sens. Cette brique intermédiaire aurait comme vertus, non seulement de permettre aux libraires de ne pas avoir à se soucier des liens de la chaîne du livre au moment de l'émission d'un message (c'est le rôle de la plateforme de relier un identifiant à un distributeur), mais aussi de placer les échanges entre les mains d'un « tiers de confiance » qui, en raison de son statut interprofessionnel et son mode de gouvernance saura conserver aux échanges commerciaux individuels leur caractère confidentiel tout en étant capable de fournir des données agrégées complètes et fiables.
Puisque la Profession a montré jusqu'à maintenant ses capacités fédératrices pourquoi ne pas espérer qu'elle soit en mesure de réussir ce nouveau pari ?

