Face à la crise, le SLF en appelle à la création d'un fonds de soutien aux librairies associant l'Etat, les régions et des partenaires privés

Publié le 02/04/2020 par La Rédaction
Mots-clés : |

Les portes des librairies sont tristement fermées au public depuis le 16 mars et vont le rester encore plusieurs semaines. A la levée du confinement, l'activité ne redémarrera sans doute que très progressivement et l'année 2020, pourtant bien partie, s'annonce exécrable, au-delà même de la période de fermeture imposée. Nul, à ce jour, ne sait dans quelles conditions nous pourrons rouvrir ni dans quel état d'esprit seront nos clients, touchés aussi par cette crise.
 
Nous avons conscience que cette déflagration va impacter l'ensemble de notre filière et, au-delà, toute l'économie. Nous sommes particulièrement inquiets, à ce titre, de la situation des auteurs et de celles des éditeurs indépendants.
Pour une majorité de librairies, dont la faiblesse des trésoreries et des marges est bien connue, il va s'agir ni plus ni moins d'une question de vie ou de mort. La crise actuelle menace un modèle économique structurellement fragile qui tient au prix de sacrifices déjà très lourds.
 
La fermeture de centaines de librairies conduirait, en cascade, à la fragilisation de centaines d'éditeurs et de milliers d'auteurs, sans compter l'assèchement de la vie culturelle, sociale et économique de tant de centres-villes et de quartiers.
 
Pourquoi une telle menace ?
Les mesures mises en place par l'Etat, abondées par les régions, et les décalages d'échéances de la part de nos fournisseurs, reportent fort heureusement, pour la majorité des librairies du moins, ce péril au-delà de la période de fermeture mais ils ne l'effacent pas. Dans quelques semaines ou quelques mois, les libraires feront face à un « mur d'endettement » infranchissable. Comment rembourser quand le chiffre d'affaires fait défaut, que les maigres réserves ont fondu et que les marges insignifiantes ne permettent pas de les reconstituer avant de longues années ?
 
Cette crise, d'une ampleur inédite, appelle une réponse à la hauteur. C'est pourquoi le SLF demande la création d'un fonds d'intervention consolidant les moyens d'intervention de l'Etat (Centre national du livre, ministère de la Culture notamment), des régions et de partenaires privés. Ce fonds serait destiné à couvrir la perte d'exploitation des librairies, c'est-à-dire des charges restant dues durant la période de fermeture. Il prendrait la forme de subventions car le surendettement n'est pas une réponse à la crise structurelle qui frappe les librairies. Il devrait s'accompagner d'une instruction coordonnée des dossiers par l'ensemble des partenaires impliqués afin de répartir et d'optimiser l'effort et de ne pas laisser de librairies au bord du chemin.
 
Mobilisons nous, ensemble, puissamment et rapidement, pour permettre au réseau des librairies, que le monde entier nous envie, de continuer à mener, sur tout le territoire, leur travail au service du livre et de la lecture.

Contact presse : Morgane Le Guillou / m.leguillou@syndicat-librairie.fr